Deux systèmes de classement au feu coexistent en France, et ils ne disent pas la même chose. Savoir lequel s’applique à votre situation est la première question à trancher — avant de choisir un produit.
La norme NF P 92-507 classe la réaction au feu des matériaux d’aménagement sur une échelle qui va de M0 à M4, du moins au plus facilement inflammable. C’est ce classement que visent les commissions de sécurité dans les établissements recevant du public, et c’est celui que porte la mention « M1 » que vous voyez sur nos produits.
Un point de vigilance, parce que l’erreur est fréquente : l’échelle s’arrête à M4. Il n’existe pas de classe M5, et un document qui en mentionnerait une serait à écarter.
La norme NF EN 13501-1 définit les Euroclasses, de A1 à F, assorties de deux indices : s pour le dégagement de fumée (s1 à s3) et d pour les gouttelettes enflammées (d0 à d2). Un matériau se lit donc, par exemple, B-s1,d0.
Les deux systèmes ne se traduisent pas l’un dans l’autre terme à terme. L’arrêté du 21 novembre 2002, en son annexe 4, donne les correspondances admises pour les matériaux d’aménagement. C’est ce texte qui fait foi, et non une équivalence de bon sens.
Dans un établissement recevant du public, le classement exigé dépend du type d’établissement, de sa catégorie et de la nature de l’aménagement : revêtement mural, revêtement de sol, plafond, tenture, siège. L’exigence ne porte pas sur le produit ignifugeant lui-même, mais sur le matériau une fois traité et en place.
Deux documents, et ils ne se remplacent pas.
Le procès-verbal de classement, établi par un laboratoire agréé — le LNE par exemple — indique ce qu’un produit permet d’atteindre, sur quels supports et dans quelles conditions d’application. Il a un périmètre et une durée de validité : hors de ce périmètre, il ne prouve rien. Un support dont le grammage ou la composition n’entre pas dans le procès-verbal n’est pas couvert, même si le produit est le bon.
L’attestation d’application, renseignée et signée par l’entreprise qui a réalisé le traitement, indique ce qui a effectivement été appliqué : le produit, la quantité, la date, le support. Devant une commission de sécurité, un matériau traité sans attestation reste un matériau non justifié.
Le détail du classement français, ce qu’il exige en établissement recevant du public et comment y répondre, est traité dans notre guide sur la classe feu M1 en ERP. La lecture du système européen et son articulation avec le M français font l’objet d’un guide distinct : l’Euroclasse et le classement M.